Ouvrir un mur porteur ne s’improvise pas. Trois points conditionnent tout le reste :
- Déterminer si le mur est porteur. Un mur non porteur se démonte sans difficulté particulière. Un mur porteur, non.
- Faire réaliser une étude de structure. Elle ne peut pas être faite par un non-diplômé, et elle détermine le linteau à poser. Elle est exigée à peu près partout, mais vérifiez la règle qui s’applique chez vous.
- Étayer avant de toucher au mur. C’est l’étape qui évite l’accident.
Qu’est-ce qu’un linteau ?
Un linteau est une poutre placée au-dessus d’une ouverture, porte ou fenêtre, pour reprendre la charge de la structure située au-dessus. Sa largeur correspond à l’épaisseur du mur et ses extrémités reposent dans la maçonnerie de part et d’autre. On le rencontre aussi sous le nom de sommier.
Il en existe plusieurs types selon le matériau : linteau béton, linteau acier, linteau brique précontraint, linteau autoportant en maçonnerie armée, ou encore linteau provisoire, monté sur un rang de briques posées de chant maintenues par des pinces.
Mur porteur ou non porteur ?

La première question à se poser est celle-ci : le mur que vous voulez ouvrir est-il porteur ?
Un mur non porteur ne soutient rien de la construction et se démonte assez facilement. Un mur porteur, comme son nom l’indique, reprend une part des charges du bâtiment.
Poser un linteau dans un mur porteur peut être une opération très dangereuse : le risque d’effondrement et de blessure est réel. Avant d’ouvrir quoi que ce soit, faites appel à un bureau d’études ou à un ingénieur en structure. L’intervention sur un mur porteur est par ailleurs soumise à autorisation, ce qui n’est pas le cas d’une cloison.
Si vous retirez un mur porteur sans mesures adaptées, les conséquences touchent tout le bâtiment. Les charges qui ne sont plus reprises se reportent sur d’autres éléments de la construction, ce qui provoque des fissures et parfois des tassements.
Le calcul de structure

Avant d’attaquer, la préparation doit être sérieuse. L’essentiel est de faire établir un calcul de structure du mur porteur. Une modification structurelle d’une habitation impose ce calcul, et il ne peut être réalisé que par une personne qualifiée.
Combien coûte-t-il ? Selon les dimensions du mur, comptez généralement entre 200 et 500 euros. Le prix augmente avec la largeur du mur : plus le mur est large, plus son rôle dans la reprise des charges est important, plus le calcul demande de temps.
C’est une dépense qui paraît évitable et ne l’est jamais. Elle détermine la section du linteau, la profondeur d’appui et la nature de l’étaiement.
Quelle résistance de linteau ?
La résistance nécessaire ne dépend pas seulement de la position du mur dans la construction, mais aussi de ce que vous comptez en faire.
Si vous prévoyez par exemple une terrasse accessible au-dessus du mur porteur, capable de supporter plusieurs personnes, le linteau devra être plus résistant que pour un simple plancher. Le choix dépend donc de ce que le mur portera réellement une fois les travaux terminés. C’est le calcul qui indique à l’entrepreneur le type de poutre à mettre en œuvre.
La pose, étape par étape

Ouvrir un mur porteur demande dans tous les cas prudence et savoir-faire. Voici le matériel nécessaire :
- un masque anti-poussière
- des gants de travail
- des lunettes de sécurité
- un linteau béton ou une poutre en H
- du ciment
- un marteau
- un burin
- un marteau piqueur
Étayer. Avant de commencer à démolir, soutenez solidement le plafond avec des étais. Intercalez une planche entre les étais et le plafond pour répartir la charge. La planche ne sert qu’en partie haute : les étais peuvent reposer directement sur le sol.
Ouvrir. Passez ensuite à la démolition. Créez les premières ouvertures au marteau et au burin, puis poursuivez au marteau piqueur. Prenez votre temps et travaillez avec précaution. Ménagez des saignées à droite et à gauche en partie haute du mur, là où le linteau viendra reposer.
Poser le linteau. Quand l’ouverture est suffisante, placez le linteau béton ou la poutre en H de niveau sur ses appuis, à gauche et à droite. Utilisez des cales ou des tasseaux pour le soutenir pendant la mise en place.

Sceller et attendre. Une fois le linteau posé, garnissez au ciment jusqu’à combler complètement les appuis. Laissez sécher entre 48 et 72 heures avant de retirer les étais. Ce délai n’est pas négociable : c’est pendant cette période que le scellement acquiert sa résistance.
Les étais enlevés, vous pouvez terminer le mur et habiller le linteau.
Questions fréquentes
Comment savoir si un mur est porteur ? Son épaisseur est un indice, de même que sa position dans le plan et le sens des solives au-dessus. Mais aucun de ces indices ne vaut confirmation : seul un professionnel peut trancher, et c’est précisément ce que vous devez faire vérifier avant tout.
Peut-on poser un linteau soi-même ? La partie exécution est à la portée d’un bricoleur expérimenté et bien équipé. Le calcul de structure, lui, ne peut pas être fait par un non-qualifié, et l’étaiement doit être dimensionné correctement. En cas de doute, faites appel à un professionnel.
Combien de temps laisser les étais en place ? Entre 48 et 72 heures après le scellement au minimum, et davantage par temps froid ou humide. Retirer les étais trop tôt fait travailler le linteau avant que le scellement n’ait pris.
Quelle longueur d’appui pour un linteau ? Le linteau doit reposer de part et d’autre de l’ouverture, sur une longueur définie par le calcul de structure et jamais estimée à vue. C’est un des points que l’étude détermine précisément.
Faut-il une autorisation ? Pour une intervention sur un mur porteur, oui dans la plupart des cas, alors qu’une cloison non porteuse n’en demande pas. Renseignez-vous auprès de votre administration locale avant d’engager les travaux, les règles varient selon le lieu.