Fabriquer une armoire se joue davantage sur la préparation que sur le tour de main. L’ordre est toujours le même :

  1. Le plan coté. Toutes les dimensions à l’échelle, y compris l’emplacement des perçages.
  2. Le choix du matériau, selon la pièce et l’usage.
  3. Le débit et le préperçage, avant tout assemblage.
  4. Le montage, vis et colle ensemble.
  5. Les aménagements : étagères, tiroirs, portes.

Les armoires existent dans toutes les tailles, mais une armoire sur mesure reste à votre portée. Une simple bibliothèque ne pose guère de difficulté ; un dressing encastré à portes coulissantes ou un meuble à tiroirs mettra vos compétences à l’épreuve.

Outillage et matériel

  • une scie à main
  • une perceuse-visseuse
  • du papier abrasif ou une ponceuse
  • un mètre pliant ou un mètre ruban
  • un niveau à bulle
  • un crayon de menuisier

Éventuellement :

  • une scie à onglet
  • de la colle à bois
  • un fil à plomb

La marche à suivre

ancienne armoire

Trouver l’inspiration

Voulez-vous une armoire épurée et fonctionnelle, ou un meuble d’aspect classique dans une belle essence ? Quelle quincaillerie convient à votre projet ? Quel agencement intérieur sera le plus pratique ? Faire le tour des magasins de meubles ou chercher en ligne vous donnera des idées.

Dessiner le plan

croquis d'armoire

Une fois l’aspect décidé, réalisez un plan détaillé. Reportez toutes les dimensions à l’échelle et rendez le dessin aussi complet que possible : où percer les avant-trous, à quelle hauteur poser les poignées. Tous ces détails doivent y figurer.

Un bon plan, tracé sur un logiciel de dessin ou simplement sur du papier quadrillé, sert à la fois de base pour l’achat des matériaux et de mode d’emploi pendant le montage. C’est le document qui vous évitera de découvrir une erreur de 3 cm quand tout est déjà débité.

Astuce : un quart d’heure de recherche en ligne suffit à trouver quantité de plans qui serviront d’exemple.

Autre astuce, pour les armoires encastrées : vous voulez un meuble montant jusqu’au plafond, ou logé entre deux murs ? Vérifiez alors que la distance entre le sol et le plafond est identique partout et que les murs forment bien des angles droits. Prenez la mesure en plusieurs points. Une pièce ancienne réserve régulièrement un ou deux centimètres d’écart.

Choisir le matériau

Chaque essence a son caractère, en apparence mais aussi en solidité, en résistance à l’humidité et en facilité de mise en œuvre. Les formats standard de livraison diffèrent également. Quelques possibilités :

  • Panneau de particules, MDF et contreplaqué. Relativement bon marché, faciles à scier et à visser. Le MDF demande une couche de primaire avant finition, pour sceller sa surface poreuse : sans elle, la peinture est bue et les fibres se relèvent. Leur point faible est l’humidité, ce qui les rend peu adaptés à une cuisine ou une salle de bains. Préférez-y un contreplaqué extérieur, conçu pour cet usage.
  • Sapin et pin. Faciles à travailler et d’un rendu naturel agréable. Le pin est un peu plus foncé que le sapin, plus veiné et plus noueux. Il est également plus résistant, ce qui en fait un bois de construction courant.
  • Bois d’échafaudage et bois de palette. Poncé, teinté ou non, ce bois de réemploi donne un meuble au caractère marqué.
  • Essences plus onéreuses, pour l’amateur : chêne, bouleau, jusqu’à la loupe de noyer.

Établir la liste de débit

La liste de débit est le terme professionnel pour votre liste de courses. Outre les panneaux et les planches, elle recense tout le reste : vis, colle à bois, quincaillerie. Tenez compte des formats standard dans lesquels le bois choisi est vendu, afin d’acheter au plus juste et de limiter les chutes.

C’est là qu’on économise le plus : réfléchir au plan de découpe avant de commander.

Préparer

bombe de primaire

Meilleure est la préparation, plus le montage sera rapide et sans accroc. Elle commence par le traitement du matériau : ponçage du bois brut, application du primaire sur le MDF.

Débitez ensuite toutes les pièces à la cote et percez un maximum d’avant-trous. Rassemblez enfin votre outillage et votre visserie, et vérifiez sur le plan qu’il ne manque rien. Interrompre un montage pour aller chercher une pièce oubliée gâche la journée.

Assembler

Le moment est venu d’assembler et de visser les différents éléments. L’opération se fait le plus confortablement avec une perceuse-visseuse sans fil, qui vous permet d’atteindre tous les recoins.

En ajoutant de la colle à bois aux vis, vous renforcez sensiblement la structure. Utilisez des serre-joints pour laisser la colle sécher sous pression : c’est cette pression qui fait la qualité du collage, pas la quantité de colle.

Poser les étagères

fraise à lamer Makita

Pour installer les étagères, tracez les perçages à la hauteur voulue sur les faces intérieures. Veillez à ce que les trous soient à égale distance du bord et parfaitement de niveau. La profondeur de perçage ne doit pas dépasser la moitié de la longueur des taquets.

Vous pouvez également fixer les étagères en vissant depuis l’extérieur du meuble. Élargissez alors l’entrée des trous avec une fraise à lamer, pour que les têtes de vis disparaissent dans le bois. L’étagère centrale est souvent collée en plus, pour la rigidité de l’ensemble.

Monter les tiroirs

tiroir monté

Trois systèmes, du plus simple au plus confortable.

Les tasseaux de glissement. Le plus facile. Le tiroir repose et coulisse entre deux tasseaux fixés aux flancs du meuble. Mesurez la hauteur du tiroir et ajoutez deux millimètres de jeu. Tracez cette hauteur de niveau dans le meuble et fixez les tasseaux à la vis et à la colle. Outre sa simplicité, ce système ne fait perdre aucune place : le tiroir occupe toute la largeur disponible.

Les patins. Un tasseau est fixé sur le flanc du tiroir et coulisse entre deux tasseaux de guidage. Ajoutez deux millimètres à la largeur du patin pour qu’il ait du jeu, et posez les deux guides bien de niveau. Une pulvérisation de téflon sur les guides rend le coulissement plus doux.

Les coulisses métalliques. Le tiroir roule sur des galets, ce qui donne de loin le fonctionnement le plus souple. Montez la partie mobile, galet vers l’arrière, contre le dessous et le flanc du tiroir. Fixez ensuite l’autre moitié du jeu de coulisses de niveau, à la hauteur voulue dans le meuble, galet vers l’avant. Présentez le tiroir légèrement incliné pour l’engager.

Fabriquer les portes

Portes battantes

charnière

Après avoir débité les portes à la cote, marquez l’emplacement des charnières. Comptez-en trois par porte : en haut, au milieu et en bas. Vissez-les d’abord uniquement par le trou central, ce qui simplifie beaucoup la mise en place.

Reportez ensuite la hauteur exacte des charnières sur le meuble. Le plus simple est de présenter la porte d’aplomb à la bonne hauteur contre le caisson et de tracer la position. Là encore, ne serrez d’abord que la vis centrale : vous n’engagerez les autres qu’une fois les portes alignées entre elles.

Terminez par les poignées et les éventuelles fermetures magnétiques, sur les points que vous avez pré-percés.

Portes coulissantes

Pour un dressing encastré du sol au plafond, il faut, comme indiqué plus haut, mesurer en plusieurs points. Si l’écart dépasse environ 1,5 cm, rattrapez-le avec une latte de compensation sciée en biais.

Sur une armoire encastrée classique, fixez le rail directement au plafond, avec chevilles et vis. Le rail haut posé, montez le rail bas en vous aidant d’un fil à plomb ou d’un niveau : c’est l’alignement des deux rails qui décide du bon fonctionnement.

Avant d’accrocher les portes, réglez les galets du rail bas sur leur position la plus haute, pour disposer du maximum de place. Bloquez la cloison coulissante, une pointe ou un clou suffit. Engagez ensuite la porte dans le rail haut en commençant par la gorge arrière. Retirez la pointe et laissez descendre la porte dans le rail bas. Terminez par le réglage des portes à l’aide des vis de réglage des galets inférieurs.

Questions fréquentes

Quel matériau pour une armoire de salle de bains ? Un contreplaqué extérieur, conçu pour résister à l’humidité. Le panneau de particules et le MDF gonflent et se délitent dans une pièce humide, même protégés en surface.

Faut-il coller en plus de visser ? Oui, dès que la structure doit être rigide. Les vis assurent le maintien pendant le séchage, la colle fait la résistance dans la durée. La combinaison des deux vaut nettement mieux que l’une ou l’autre seule.

Quelle épaisseur de panneau pour une étagère ? 18 mm pour une portée jusqu’à 80 cm environ. Au-delà, soit vous passez en 25 mm, soit vous ajoutez un montant intermédiaire, sinon l’étagère fléchit avec le temps sous une charge de livres.

Comment rattraper un mur qui n’est pas d’équerre ? Avec une latte de compensation sciée en biais, ajustée au relevé de vos mesures. C’est la raison pour laquelle on mesure en plusieurs points avant de débiter : un meuble d’équerre dans une pièce qui ne l’est pas se voit immédiatement.

Combien de charnières par porte ? Trois pour une porte d’armoire courante, réparties en haut, au milieu et en bas. Au-delà de deux mètres de hauteur ou sur une porte lourde, passez à quatre.

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